mercredi 28 décembre 2011

Sufficiently Advanced...pas suffisamment réussi !

En attendant la sortie de la VF d'Eclipse Phase (plus que quelques semaines de patience si l'on en croit le forum Black Book), je me suis décidé à lire un autre jdr traitant de transhumanité, Sufficiently Advanced de Colin Fredericks. Et le constat est mitigé.

L'univers :
La toile de fond est l'univers entier, dans un futur très lointain et indéterminé. Les humains ont essaimé les étoiles et ont bâti différentes civilisations. Chacune de ces civilisations est centrée autour d'une idée forte (un mème ?) concernant l'organisation sociétale et/ou l'utilisation de technologies. Et ces technologies sont tellement avancées qu'elles seraient pour nous, aujourd'hui, et même pour certaines sociétés du jeu, indiscernables de la magie. D'où le titre, faisant référence à une citation d'Arthur C. Clarke. La majorité de ces civilisations peuvent être qualifiées de post-pénurie, car, grâce aux nanoréplicateurs, on peut tout avoir ou presque. La denrée rare devient donc le brevet de propriété intellectuelle sur la base duquel vont se développer toutes les applications technologiques. Et au travers de ces civilisations, on trouve aussi des sociétés aux buts et philosophies bien tranchés. Pour une description succincte, et en français, de ces civilisations, je vous conseille la lecture de ce billet de blog.

Les joueurs :
Les joueurs incarnent des Inspecteurs du Bureau des Brevets, dont les patrons sont les Transcendentales : des IA quasi-omniscientes qui reçoivent des informations du futur, envoyées par elles-mêmes, informations qui seront à l'origine des différentes missions. Les Inspecteurs disposent de technologies quasi-omnipotentes mais leurs droits d'intervention varient d'une civilisation à l'autre. C'est ce décalage entre la puissance des moyens et le niveau d'intervention autorisé qui créera tout le sel des aventures des Inspecteurs du Bureau des Brevets.

Les règles :
Et là, on arrive au point noir, à mes yeux, de ce jeu. Avec un titre pareil, un postulat de départ aussi vaste et seulement cinq méta-caractéristiques pour tout gérer, je m'attendais à une mécanique simple et fluide. Bah, non !
Il existe un double système de résolution. Le premier, plus classique, est à base de dés 10. Deux dés sont lancés et le résultat de chacun est multiplié par une valeur chiffrée du personnage (une capacité ou une profession). Le meilleur résultat est ensuite conservé puis comparé à une difficulté. Là-dessus se greffent des modificateurs applicables avant les multiplications et des points de Réserve pour modifier les jets. Et là, on entre dans du micro-management qui ne me plaît pas vraiment. Enfin, le deuxième système est beaucoup plus narrativiste car il permet aux joueurs de prendre momentanément le contrôle de l'intrigue grâce à leurs  Thèmes (comme Immunité au scénario par exemple). C'est un système assez plaisant, même s'il demande une forme de gestion de ressources. Mais plaqué en sus du premier mécanisme, cela alourdit le système global, inutilement à mon goût.

Recyclage ludique :
Tel quel, je n'utiliserai pas S.A. comme jdr. Par contre, avec ces 100 pages d'univers finement détaillé et surtout son chapitre sur les technologies, je le recommande fortement pour Eclipse Phase. Le chapitre des technologies fourmille d'idées bien barrées dans tous les domaines de la société (transport, communication, vie quotidienne, armement, médecine, informatique, réseaux, énergie, domotique, matériaux, mémétique, téléopération, biologie...). Sa lecture m'a donné de nombreuses idées d'aventures pour Eclipse Phase (vivement que je dévoile à mes joueurs le "Pathogenesis Organ" pour voir comment ils vont gérer cette menace !)

Ma note : 3/5 pour le jeu en lui-même, mais 5/5 comme source d'inspirations pour des jeux aux thèmes transhumanistes, Eclipse Phase en tête.

4 commentaires:

Alias a dit…

Je soupçonne qu'il y a un blocage psychologique chez les auteurs de jeux SF et/ou transhumaniste pour ce qui est des règles simples. Je ne sais pas comment expliquer ça autrement.

Phersv a dit…

Il y a aussi une deuxième édition prévue sans dés.

ze bulette a dit…

I've always found this game fascinating but difficult to imagine playing. I'll be interested in seeing the diceless edition if it comes to fruition.

Nathanaël TERRIEN a dit…

Le pitch est super alléchant, et mis à part l'éventuel problématique de système de résolution, je suis par contre plus inquiet sur la disponibilité de scénarios. Certes, je n'ai pas lu les détails de l'univers, mais je ne me vois pas créer du scénario.